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mardi 30 mai 2017

Reality show : quand le viol devient public et légal



J’aimerais qu’on parle de ca ici.

VIDÉO :
https://www.facebook.com/MasterPieceTattoos/videos/657190677815614/


Et du summum de ce que les “tattoo reality shows” ont pu inventer comme insanité pour attirer leur clientèle avide de drame.



Si on retourne en arrière un peu, j’ai toujours eu une relation amour-haine mais plus haine pour les émissions de tatouage. Back in the time de Miami Ink et LA ink (Notez que la shop de Miami ink s’appelle effectivement Love-Hate, ce que je ne savais pas et que je trouve présentement hilarant) en 2005 or so, on pouvait y voir un mélange de features​ d’artistes et de leur art avec une petite partie de la bullshit quotidienne au sein d’un tattoo shop. Quand même assez réalistement car par expérience je peux dire que les shops de tatouage, peu importe leur style (et dans ce cas-ci à la TV on aime bien vous montrer le traditionel ink, boze and rock'n roll) sont quand même full drama. Mais pour vrai, qui a besoin de s’assoir le soir pour regarder le drame des autres quand on a passé la journée les 2 pieds dans la nôtre. Je peux voir comment pour le “commun des mortel” ça peut sembler divertissant et “exotique” après avoir passé la journée dans un cubicule, mais pour moi c’est l’antipode de ce que j’essaye de renforcer dans mon quotidien: c’est à dire une belle dynamique de groupe, de belles rencontres avec les clients, et des beaux tatouages.

Donc. Au début j’ai écouté ici et là quelques épisodes mais je me suis vite tannées des problèmes inventés d’une Kat Von D de plus en plus artificielle, dans un set up complètement irréaliste. On était clairement plus dans le “reality show” car les chicanes étaient manifestement inventées. J’ai souvent décrié la représentation de pratiques non sécuritaire compromettant la propreté, ce qui donne le mauvais exemple aux nouveaux tatoueurs. Aussi la fausse dynamique du walk-in, la personne qui rentre pour une manche le matin et où le tatoueur à le temps de tout dessiner et tout tatouer avant que la personne reparte le sourire au lèvre avant même qu’il fasse noir dehors (et on s’entend que c’est connu que les artistes sont pas le genre à se lever à 5h le matin). Tout cela donnant une fausse image de la réalité et menant à plusieurs situations malaisantes avec les clients éduqués par ces émissions.

Avant peu, les artistes respectables présentés dans ces émissions ont choisi de ne pas renouveler leurs contrats et sont partis ailleurs, refusant d’identifier leurs nom à cette nouvelle culture qui commençait à heurter notre industrie (Cory Miller et Hannah Atchison par exemple).

Quelque part la dedans ont vu le jour des émissions comme “tattoo school” et “on the road” qui ont été DÉMOLIE par l’opinion générale de la communauté professionnelle car elles donnaient le pire exemple de pratiques et d’idéaux, aspirant à montrer à tatouer des gens dans un environnement loin d’être professionnel en quelques jours ou associant le tatouage avec tous les préjugés dégradants typiques et valeurs morales douteuses (genre les tatoués rejettent la société, ont pas d’éducation, se tiennent dans les bars miteux et ont des pratique hygiénique horrible). Ce qui est très loin de la réalité.

Par la suite sont venue les fameuses compétitions. Des émissions organisées et jugées par des gens qui ne sont pas tatoueurs eux-mêmes, présentant de jeunes artistes prêts à tout pour se faire connaitre et passer à la TiVi. A part pour le show “Best Ink”, que j’ai beaucoup aimé car professionnel et pleinement axé sur l’art (et qui, surprise surprise, n’a pas fait plus de 2 saisons), je n’ai plus vu d’artistes de renom participer activement à ce genre de séries. Semble-t-il que depuis la dernière fois que j’ai pris la peine de regarder ce qu’il se passe sur le câble, on a atteint de nouveaux sommets de médiocrité.

Premièrement, un des problèmes majeurs de la société en général aujourd’hui est qu’on a perdu tout sens du sacré (comme le dit si bien mon amie Nadia). Et plus fondamentalement du respect de l’autre. Je ne connais aucun artiste professionnel qui, même mis sous la pression d’une chaine de TV auraient accepté de marquer à vie une autre personne (même consentante car croyant se faire faire une belle pièce) d’une horreur pareille. À mes yeux, ces artistes ont perdu toute respectabilité et ont manqué critiquèrent de jugement dans un contexte où la pression sociale leur a fait croire que c’était ok (EXEMPLE, dans le temps des nazis, les gens qui opéraient les chambres à gaz étaient poussées à croire, dans leur contexte social, que c’était ok. Got it?) Sans le précieux consentement que ces personne ont sans doute signées, faire ceci à une personne est sans aucun doute illégal (et définitivement amoral).

C’est à mon avis du bullying complètement gratuit et public. Ces gens devront vivre avec « l’aftermath » psychologique de marques permanente à leur corps, pratiquement un viol public, pour le reste de leur vie. Et les perpétrateurs de ce viol marcheront librement, certains peut-être reproduisant le geste ou inspirant leur prochain à faire la même chose, ou d’autre avec un cauchemar occasionnel engendré par le remord, qui sait.

vendredi 12 mai 2017

6 raisons pourquoi se faire tatouer ce symbole n’est pas une bonne idée



Si vous êtes déjà entré dans un tattoo shop dans l’idée de vous faire tatouer ceci, vous vous êtes possiblement fait accueillir avec une réaction comme celle-ci.




La réalité est que le populaire signe de l’infini est une pas pire mauvaise idée de tatouage et que pour la plupart des artistes, il est trop pénible de même commencer à expliquer pourquoi. Laissez-moi ce plaisir, une bonne fois pour toute.
1. Le symbole de l’infini est un symbole mathématique qui "représente une infinité potentielle, plutôt que représenter une quantité actuellement infinie. Le symbole de l'infini est conventionnellement interprété comme une variable grandissant arbitrairement (vers l'infini) plutôt qu'une valeur réellement infinie." On s’entend que c’est un peu approximatif comme symbole absolu.
2. C’est un symbole MATHÉMATIQUE et non un symbole métaphorique. Donc pas vraiment poétique ni romantique.
3. C’est un symbole qu’on utilise interchangeablement pour signifier :
 Permanence
D’un point de vue spirituel, c’est un peu un non-sens. Un des premiers enseignements du bouddhisme est que RIEN n’est permanent. De plus, le tatouage est lui-même permanent, donc c'est un peu redondant.

 Éternité / Complétude
Il existe d’autres super beaux symboles pour évoquer ces concepts. Plus artistiques, plus poétiques et plus exacts (Exemples : ensō, ouroboros, noeuds celtiques...)

• Memento relationnel ou d’engagement
Pourquoi choisir un symbole générique quand vraiment, il existe une infinité (tsé) de concepts pour représenter votre relation si spéciale et unique (entre les membres d’une famille, des amis, ou un couple). Favorisez un symbole personnel et unique qui parle vraiment de vous!

 Un amour ou un attachement incommensurable
Encore une fois, d’autres symboles existent pour représenter ce concept, par exemple celui de la claddagh.


4. Spirituellement, et selon mon point de vue personnel, c’est un symbole qui évoque être stuck en boucle, sans évolution, sans sortie, sans transcendance. Dans un même style, j'endosse davantage la symbolique de l’unalome.
5. Un symbole fin et précis comme celui de l’infini est un défi technique pour le tatoueur. De plus, s’il est trop petit (comme le désirent la plupart des gens), c’est un tatouage qui passera difficilement l’épreuve du temps. Les lignes élargissent et les petites boucles finissent par s’obstruer, vous laissant avec pas grand-chose d’autre qu’un regret. Spécialement additionné de mots ou d’autres dessins (oiseaux, plumes, ancre de bateau, name it), c’est une image très difficile à équilibrer graphiquement (en d’autres mots, c’est souvent laid). C’est pourquoi les tatoueurs d’expérience refusent habituellement d’exécuter ce motif, vous laissant ainsi à la merci des apprentis et tatoueurs de moindre vertu. C’est comme qui dirait un cercle vicieux (∞)
6. Allez voir sur Pinterest et cherchez “infinity tattoo”. Ça prend pas longtemps pour réaliser que tout le monde et leur grand-mère se sont déjà fait tatouer la même chose. Ce qui veut dire qu’on est ici dans un phénomène de mode, un trend. On veut éviter comme la peste les modes car bien qu’un tatouage n’est pas éternel (nous allons tous mourir et nous décomposer un jour), ça dure pour un bon bout de temps. Et ton tatouage cool en 2010 ne passera peut-être pas le test du “bon goût” pour entrer dans la catégorie des “classiques” (et donc intemporel).

Mon argumentaire mi comique mi satirique (mais je pense quand même respectueux et constructif), est issu de la 4e demande de la semaine.

CECI DIT. Si on concidère que toute expérience à une valeur, vous pouvez bien vous faire tatouer ce que vous voulez! En toute hypocrisie, j'ai parfois tatoué des signes de l'infini, des kanjis et un paquet d'autres affaires peu recommendables. J'aime toujours mieux les faire moi-même que voir mes clients finir nimporte où. Je suis moi-même couverte de tatouages insignifiants et laids et ça ne me fait pas un pli. Je suis une ode au tatouage irréfléchi.


mardi 24 janvier 2017

(Més)aventures d’une propriétaire de tattoo shop

Et réponse à la question populaire
"Pourquoi t'es parti de la shop?"


:: ATTENTION ::
  1. Ok, c’est un peu du lavage de linge sale en public. Je suis parfaitement consciente qu’il y ait 2 cotés à la médaille. Je me permets d’exprimer MON expérience, poliment, factuellement, avec les émotions que j’ai vécues MOI, sans gros mots, insultes, ni coups sous la ceinture. (Je traite personne de rien. Les gens qui me connaissent savent que je suis ni bitcheuse ni chialeuse)
  2. Je m’attendais pas à ce que ça plaise à tout le monde mon histoire. J’accepte que ce soit frustrant pour les parties concernées et que ça pointe des erreurs de part et d’autre (je pense que j’admets largement que je me suis PLANTÉE). J’accepte aussi de me faire rendre la monnaie de ma pièce (de façon juste) pour ce que j’ai pu faire aux autres.
  3. J’ai omis les noms et les lieux pas pour être subtile mais bien pour être légale.
  4. Malgré tout, je m’excuse pas, simplement parce que mon but n’est pas de faire mal. Juste de m’exprimer. J’écœurée de l’omerta du tatouage pis des masques en général. J’ai pas fini de dire ce que j'ai à dire. Et personne est obligé d'écouter. Pour mieux comprendre ma démarche, lire la section "À propos".
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Il y a quelques jours, je me suis finalement libérée du poids financier que représente mon départ en janvier 2016 du studio de tatouage dont j’étais la propriétaire, soit après un an de support pour le projet qui n'est plus le miens. Aujourd'hui, j'aimerais aussi me libérer du fardeau émotionnel qui me reste et enfin aller de l'avant avec ma propre vie et mes propres rêves.

Ma décision de quitter la shop a été motivée en plusieurs étapes. La première erreur majeure d'administration que j'ai commise a été de signer le bail pour le local pignon sur rue au premier étage du local que je louais déjà. Belle opportunité d'un local plus grand, avec un cachet exceptionnel. Pour 3 ans nous avions occupé mes collègues et moi un plus petit local au 2e étage et quand j'ai ouvert le studio originalement, ma motivation était la suivante: avoir mon lieu d'affaire à moi, afin d'être autosuffisante (c'est à dire pouvoir payer tous les frais d'affaire seule en cas de besoin) et surtout pouvoir faire à ma tête, installer les choses à mon gout et travailler selon mes valeurs à moi, même si elle sont assez différentes des autres personnes de la même industrie. Ça semble jusqu'ici assez légitime. Dans mon élan j’ai invité mes amis (à de fins d'anonymat, appelons les Judy et Éric) à se joindre à moi. Alors apprentis au studio où je travaillais au centre-ville, c'était une occasion pour eux de voler de leur propres ailes, pour moi de m'aider à payer les frais de départ et d'avoir le simple plaisir de travailler avec des gens que j'aime et que je considère mes amis. On allait être un peu tassés dans le petit local, mais on allait avoir du fun.

Évidemment, les aléas du travail d'équipe n'ont pas tardés à se manifester au fil des allées et venues de nouveaux employés et des relations qui se développent. En effet, après quelques temps Judy et Eric sont devenu un couple, de même que moi et "Jules", qui alors faisait l'administration et le perçage. À cette époque, moi et Judy vivons notre premier différent. Judy est alors en dépression et son travail s'en ressent : l'atmosphère est lourde et les clients commencent à se plaindre. Après plusieurs semaines de réflexion et de mal de cœur, malgré mon affection et mon amitié pour elle, la voix du patron en moi prend le dessus. Je lui demande de quitter le studio. Premier coup financier, pour lui permettre de partir avec le montant des dépôts de ses clients (qui avaient déjà été « investis » dans les frais d’opération), je signe pour une première marge de crédit de plusieurs milliers de dollars. Je sais que les mois qui suivirent furent assez rock and roll pour elle. Son passage dans d'autres studios (inutiles de nommer), semblent lui avoir fait prendre conscience de certaines choses et adouci son attitude. Comme j'ai beaucoup d'affection pour elle malgré notre conflit et devant sa sincérité, j'accepte son retour au studio de bon cœur, après ses quelques mois de "fugue". J'ai d'ailleurs financièrement grandement besoin d'un nouvel artiste pour occuper le nouveau local (un loyer mensuel de 3000$, sans compter les autres frais de services!) et me permettre d'aller en congé de maternité. En effet, en décembre 2013, j'ai été surprise par une petite grossesse non-planifiée. (Nul besoin de mentionner que la majorité de l’argent laissé à son départ n’est jamais revenu, pour cause de conflit avec l’administration d’un autre studio où elle a travaillé pendant l’interlude.)

Changer de local a été ma plus grande erreur car au moment de cette décision, j'avais perdu de vue ma motivation initiale qui était d'avoir un projet à MOI. À mon gout, dans mes moyens et sans stress. J'ai choisi de prendre le plus grand local en ayant en tête "l'intérêt de tous" et voyant les avantages pour le groupe d'avoir pignon sur rue dans une belle grande shop. J'ai signé le bail et BAM, je suis tombé enceinte. Imprévu majeur. J'ai alors 30 ans, et je n'avais jamais prévu avoir d'enfant. Mes valeurs m'empêchant de considérer l'avortement et ma situation de vie loin d'être précaire, j'ai naturellement accueilli la nouvelle et fait de mon mieux pour m'immerger dans la réalité de maman. Nous avons déménagés le studio au mois de mars 2014 au terme de mon premier trimestre (qui fut d'ailleurs très difficile) dans le petit regain d'énergie dont j’ai bénéficié au 2e trimestre. Mais vous pouvez vous imaginer que bouger une grosse structure comme ça ne se fait pas sans stress, surtout enceinte et avec 0 lousse financier. 

Ca été mon premier son de cloche. Ce déménagement, moi et Jules l'avons planifié et effectué virtuellement seuls. Les tatoueurs se sont mobilisés pour bouger leur propre station et matériel mais ont proposé assez peu d'aide supplémentaire. Debout sur une chaise à accrocher des rideaux et a m'engeuler avec mon chum d'épuisement, vers 11h le soir de notre 3e 18h de travail en ligne, j'ai craqué. Un gros doute venait de prendre place et j'ai remis en question tout le projet d'agrandissement mais il était trop tard. Pas moyen de revenir en arrière.

Par la suite ma santé a piqué du nez. J'ai cessé de tatouer complètement à 5 mois de grossesse par épuisement (donc j’ai profité de la nouvelle place comme 2 mois) et je suis resté à la maison, délégant les taches du studio à mon conjoint. Honnêtement j'ai aucun souvenir des 4 mois qui ont suivi. Pendant ce temps, les tensions personnelles montaient au studio. J'ai terminé ma grossesse dans une brume de survie au jour le jour, ponctuée par un accouchement de 36h horrible. Aucun de mes "amis"/collègues ne sont venus me visiter ni n’ont demandé de nouvelles de moi personnellement. C'est un autre moment ou mon cœur s'est un peu brisé. Dans quoi je me suis embarqué?

Trois semaines après mon accouchement, mes collègues m'ont convoqué en meeting. La situation au studio est devenue hors de contrôle : ils ne veulent plus tolérer Jules comme administrateur. Selon eux, son stress et son attitude sont devenus un problème majeur à leur bien-être et celui des clients. Ma présence est donc requise pour tempérer. 6 semaines après avoir accouché, je reprends donc le travail. Petit coco en portage sur le dos pour un autre 6 semaines et puis bébé à la garderie dès 3 mois. Pas de congé de maternité pour moi.

Ce fut une année riche en hauts et en bas, en rotation d'employés, en efforts "just to make it" et en dettes grandissantes, histoire d'installer les choses à mon gout, à celui des autres et à soutenir mon partenaire dans ses activités professionnelles (autre investissement majeur en bijoux et équipements).  En tout, depuis l'ouverture 4 ans auparavant, c'est maintenant 25 000$ de dettes que j'ai accumulée. De plus, être mère est un gros challenge pour moi et ne me vient pas du tout naturellement. Les défis parentaux se multiplient dans le background. À travers ça, je poursuis mon ambition de service holistique (rendu essentiel pour moi dans mes valeurs spirituelles, un autre journey en soi croyez-moi), et ce assez à contrecourant de mes collègues. Retour à la case départ: mes valeurs clachent avec celles des gens que je côtoie et me revoilà dans le même bateau qu'avant d'ouvrir (mais en pire tsé).

À l'automne 2015, j'ai déjà pris la décision d'alléger l'admiration du studio massif dont j'étais la propriétaire (11 personnes au pic des activités) en choisissant la formule "collective". C'est à dire que chacun paye sa part du loyer et des services. Moins de responsabilités pour moi puisque j'ai toujours la certitude que le loyer est payé et plus grand revenus pour les artistes qui travaillent suffisamment. Ça semble "win win" sur le coup mais de l'autre côté, mon potentiel de profit supplémentaire est réduit à 0. C'est à dire que je redeviens une "employée" comme les autres, qui dépend de sa propre huile de bras pour payer ses dépenses et toutes les dettes encourues, tout en continuant de porter le fardeau administratif. Outch.

En décembre, au summum de mon stress existentiel, ma relation avec Jules bat de l'aile et je prends la décision de mettre fin à la relation. En janvier 2016, incapable de poursuivre la coexistence dans le milieu de travail, je décide de quitter le studio pour m'installer à la maison. Assez à bout de nerf et d'émotions, je n'ai pas pris le temps d'expliquer ma situation personnelle à mes collègues. Je ne sais pas comment j'aurais pu. J'étais à mon plus bas moral probablement à vie et je n'avais ni l’énergie ni les mots de communiquer le désespoir de ma situation. De plus, je me sentais très isolée émotionnellement et je n'avais pas l'impression que ces gens would give a shit de mes sentiments.

J'ai carrément ramassé mes affaires et crissé mon camps. Je leur ai dit que j'allais payer encore ma part avec eux un certain temps, même si je n'étais plus sur les lieux, et je les ai laissé se démerder. S'ils voulaient garder le local, j'étais ouverte aux propositions de reprendre le bail ou d'achat de matériel s'ils voulaient chacun prendre leur côté. J'ai mis le local à louer. J'avais juste besoin d'air, d'être seule, de me recentrer, de me rappeler pourquoi je me donne tant de mal pour cette maudite job, pour tout le monde, et surtout de me rappeler qui je suis, et ce que JE veux vraiment. C'est à dire un lieu pour créer et m'exprimer. Pas gérer. (J’ai eu spécialement de la peine de laisser derrière moi mon apprenti « Mike », qui m’a tellement touché dans sa sincérité de vouloir partir avec moi, mais à ce point-ci c’était une question de survie et il me fallait prendre des décisions pour moi).

Mais comme de fait les obligations légales ont fini par me rattraper. Et on parle même pas des créanciers que j'arrive à payer par la peau des fesses avec mon salaire juste à moi. Apparemment, un local comme ça ne se loue pas si facilement et pour régler la situation, le propriétaire de la bâtisse est finalement intervenu. Longue histoire courte, le deal qui fut signé en mars est le suivant :

·  Judy devient propriétaire du studio (donc reprend le bail), ainsi que tous les équipements qui s'y trouvent (plusieurs milliers de dollars juste là, sans parler des travaux mis dans la place au cours des deux ans d’occupation).
·  De plus, je (Karine) m'engage à payer ma part du collectif pour un autre 10 mois (1/6 à ce moment-là), comme si j'occupais le local avec les autres, pour les aider à s’installer. (Entre 550 et 800$ par mois).
·  J'ai droit de bénéficier des choses que je paye de la même façon que les autres, même si je n'occupe pas les lieux physique (comme le matériel générique acheté pour tous).
·  Le propriétaire de l’immeuble offre de leur faire une réduction de loyer temporaire pour aussi leur donner un coup de main.
·  Dans le cas où ils réussissent à trouver un ou 2 artistes de plus pour partager les frais au studio et donc sortir de leur problème de liquidité temporaire*, Judy s'engage à libérer le propriétaire du local de la diminution de loyer et moi de payer ma part.

Bien que cette entente me coute CHER, au moins elle me permet de me sortir des soucis légaux qu'un non-paiement du loyer commercial entourerait et me permet d'éviter la faillite. Au pied du mur, je n'ai pas le choix d'accepter l'offre. Un an à pédaler un peu n'est pas si mal et ma base de clients est assez bonne que je ne crains pas de manquer de travail. Re-moment d'émotion, moi et Judy échangeons le souhait de rester bonnes amies et partons toute deux satisfaite de l'entente. Malheureusement, ce fut d'assez courte durée.

Dans les faits :
·  Un mois plus tard, ils engagent un premier artiste. Malgré tout, sous prétexte de période d'évaluation, personne n'est libéré de leur soutien financier envers le studio. 
·  Malgré le problème de liquidité temporaire, quelques mois plus tard, ils décident de congédier Jules vu les frictions de personnalité qui perdurent.
·  Malgré ce même problème de liquidité temporaire Judy s'offre l'achat d'un Jeep de l'année genre 2 mois après la signature de l'entente.

De plus :
·  Je ne suis pratiquement jamais allé chercher aucun matériel auquel j'avais droit (sauf genre une fois ou deux au début). J'ai continué d'acheter mon propre matériel en double pendant les 10 mois.
·  J'ai payé une première fois ma part pour la location d'un espace à la convention de tatouage annuelle (qui eut lieu en novembre) mais à laquelle je n'ai jamais été invité à participer.
Ok j'hais les conventions. Surtout depuis que des gens avec qui j’avais des relations civilisée refusent maintenant de me regarder en face pour des raisons que j’ignore. J'assume que je suis rendu un peu trop "edgy" même pour la crowd suposée marginale du monde du tatouage. Quand même, comme j'ai payé ça aurait été la moindre des choses de m’inviter, même à simplement laisser mes cartes sur la table. Jules a d'ailleurs aussi payé sa part juste avant d'être remercié.
·  J'ai payé pour des travaux au local que je n'occupe pas à maintes reprises, ce qui selon moi dépasse les coûts mensuels d’opération* mais I guess qu'on pourrait argumenter sur ce point.

*Vocabulaire exact du contrat signé

Au moment de l'emploi d'un 2e artiste il y a 4 mois, le statu quo est toujours maintenu. Notez que l'expérience ou la qualité de l'artiste n'est aucunement un facteur car chaque artiste est tenu de payer sa part égale des frais, peu importe son volume de travail. On ne peut donc pas argumenter qu'un artiste est moins occupé qu'un autre et donc influence la stabilité financière de l'entreprise.

J'avale ma frustration. Je n'ai pas envie de "m'obstiner". Ou de contester la bonne foi de la personne que j'estime toujours naïvement être mon amie. À quoi bon mettre de l'huile sur le feu? Une coupe de 100 piastres de plus ou de moins...

Mais une certaine situation vient également à mes oreilles. Deux clientes qui n'ont aucun lien entre elles m'annoncent avoir contacté le studio alors qu'elles cherchaient où j'étais rendu. De se faire répondre qu'ils n'ont aucune idée où je suis rendu. Bullshit car ma carte d'affaire est (ou était) dans l'entrée du studio depuis plusieurs mois. Ramassant mon courage à deux mains, je me décide enfin à confronter Judy à ce sujet. De me faire répondre de me calmer, qu'elle n'a aucune idée de quoi je parle et que si j'ai un problème avec les autres tatoueurs de m'arranger moi-même avec eux car ce ne sont pas ses employés (bref, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, même si je leur paye toujours une partie substantielle de leur espace de travail, et que c'est finalement pas son problème à elle). Ce fut ma dernière conversation avec elle.

J'entreprends alors des démarches avec le propriétaire de la bâtisse et la notaire qui a préparé le contrat afin de voir si je peux me défaire de ce poids qui commence à peser drôlement lourd. La notaire m'offre d'entamer des procédures légales envers Judy pour lui demander prouver formellement qu'elle éprouve toujours des problèmes de liquidités. Comme je sais que j'aurais de très bonnes chances de prouver mon point en court si les procédures se rendraient là, j'ai sincèrement considéré l'option. Mais comme ma motivation première est de me défaire des attaches (plus personnelles que financières) qui me lient au studio et qu'il ne me reste que 2 mois avant l'échéance du contrat, je choisi finalement d'acheter la paix et de suck it up une fois de plus.

Sur ma dernière facture la semaine passée figurait les frais de la convention pour l'année suivante (en novembre prochain!) de même que d'autres travaux au local. J'ai dû prendre un gros 10 minutes pour ne pas hyperventiler de rage. Jusqu'au bout, jusqu'au dernier moment, j'ai encore à endurer le calvaire de la situation. Encore une fois, débat intérieur : payer ou ne pas payer? Aller à la guerre ou ravaler? Finalement, après une coupe d’exercices de respiration, j'ai viré le montant, choisissant de garder mon énergie pour moi, malgré le goût amer de bile que j'avais dans la bouche. Mon chum (actuel) était tellement en criss après moi d'avoir payé sans rien dire et de me laisser manger la laine sur le dos, que j'ai eu droit à une chicane de couple pour couronner le tout. Mais là, finalement, c'est fait et on peut passer à autre chose (mais maudit que je me sens à bout de souffle).

Je ne sais pas si ce que j'ai vécu je l'ai mérité, mais de mon point de vue, ça tombe dans la catégorie "chien mais légal" (kind of). Dans l'ensemble de l'aventure, malgré mes mauvais choix et mon "abandon" du bateau, j'aurais tellement souhaité un minimum de respect (à défaut d'empathie). La crotte je l’ai eu sur le cœur assez longtemps et j'aimerais vraiment sincèrement passer à autre chose pour de bon. Ne pas oublier les apprentissages (une leçon que j'ai payé en tabarnak) mais me libérer du ressentiment des relations qui ont viré au vinaigre avec les gens que j'ai considéré mes amis (et que j'ai fait passer avant moi-même de nombreuses fois) pendant 5 ans. Je n'ai toujours pas remonté la pente physiquement et énergétiquement de ma grossesse, mais après 3 ans j'ai finalement un regain de passion pour mon métier et je veux seulement créer à mon gré, dans mon environnement et garder mes ressources pour moi-même et pour les gens qui aiment mon travail et croient en ma "mission" (et j'ai absolument pas besoin que ça soit tout le monde). Je veux juste avoir la paix.

Sincèrement,
Karine

mardi 1 novembre 2011

Thoughts on the tattoo artist’s profession in the Quebec province in 2010

While reading "Le Bloc Notes" December 24th post about rethinking one’s work as a mental health worker, I felt compelled by several aspects very similar to my tattoo artist job and it has inspired me to share thoughts I’ve been pondering for a while about my work the same way "Le Bloc Note" did.

How can we explain that our work as a tattoo artist, a job that seems very simple at first and not too demanding, can be exhausting, energy demanding, thankless and even sometimes traumatizing. According to some people, tattoo artists just draw on people all day long while listening to their favourite music. How could it be any easier?

So how do you explain that our work can be exhausting, immensely complex as well as, sometimes, a source of emotional distress? Here are the key factors I identified to explain this situation:

For the tattoo artist

  • Going through a long technical apprenticeship which can last for years in a precarious financial state. Tattooing is like drawing on a sheet placed on a water balloon with a vibrating 250 gram pencil.
  • Provide an ongoing attention, a good presence of mind, sometimes during long hours of work during which the customer has the feeling of “doing nothing”.
  • Experience different type of physical pain because of postures and tools. Back, neck, shoulder, elbow, wrist and hands pains, often chronic.
  • Working in conditions that don’t correspond to our expectations and ideal.  See details below.
  • Managing, physically and emotionally, the pain we make, by our own will, to another human being.


Regarding the relationship with peers

  • At different degrees, living a hostile relationship with one’s competitor, sometimes in an unfair manner.
  • Getting slighting feedback (often by means of other customers) from individuals who believe, wrongly, they know what we ought to do and that they can do it without proper experience or training.
  • Receiving critiques from other tattoo artists who have different theoretical orientations.
  • Having daily interactions with people whose values differ from ours.


At the governmental level

  • No acknowledgement as an artist or worker by the government.
  • Difficulty or impossibility to obtain grants from the Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).
  • Difficulty or impossibility to obtain help to start a business.
  • No social benefits (CSST, RRQ, employment insurance, sick leaves, parental leaves, etc.)
  • Unlike in France, no professional order or association to standardize job protocols. For example, Order of Acupuncturists of Quebec, Association des électrolystes et esthéticiennes du Québec (Association of electrologists and estheticians of Quebec).
  • Because of the above mentioned factor, impossibility to contract professional insurance to protect ourselves in case of mistake. Insurance companies offering this type of insurance do it at a prohibitive price that most of us can’t afford.
  • Absence of government control over sanitary installations, unlike France, United States of America or other provinces (one might also criticize the quality of control exercised in those provinces). Here, I have to say that because of this lack of control, 100% of the security aspect rests with body modifications stakeholders and that the customer has the important responsibility to get the right information.
  • Long unpaid working hours. Custom drawings, maintenance of tools, sanitary procedures, etc. Several people will agree that a passionate tattoo artist never really stops working, often working more than 12 hours a day, on week-ends and even during his or her sleep.
  • No stable income and income subject to market fluctuations.


Regarding customers

  • Absolutely no place for mistake. Pressure, anyone?
  • Perpetually going against the flow, constantly explaining facts about tattoos to customers with prejudices and preconceived ideas.
  • Always justifying our price. “My neighbour can do it for half the price!”
  • Deceiving customers’ unrealistic expectations. Size and level of details of a tattoo, placement, price, time required, etc.
  • Dealing with expectations created by reality shows. Despite their name, reality shows are far from being realistic and do embellish a lot life as a tattoo artist, which encourages young artists to enter into a complex activity, to which are inherent a lot of responsibilities, without proper training thus putting at risk health of their friends and relatives.
  • Answering the same fooling questions over and over. No, we aren’t all contortionists and ambidextrous so we can tattoo ourselves.
  • Little appreciation as an artist from customers.
  • Dealing with fashion and getting asked to tattoo the same designs day after day. Here, I would like to explain what I think is the difference between a tattooist and a tattoo artist. A tattooist is a worker who frequently reproduces preconceived designs with no modifications (usually without the permission of the original artist). A tattoo artist almost always works with the customer’s ideas in order to create unique designs, in their own style, like a painter or an illustrator. A unique design by a gifted artist has a price, which usually explain the different between prices asked by two artists. Seeing the same design three times a week with no open-mindedness or display of confidence from customers can get frustrating and downgrading.
  • Being very close to a great number of people, sometimes during long periods of time. Sometimes, those people make us uncomfortable, stink, are sick, carry a heavy emotional history, etc.
  • Constantly dealing with prejudices regarding our ethics and even on our value as a person.

Examples:
Parents who take their children away from us (tattooed people are dangerous).
Aggressive comments by suspicious parents. “You reuse your needles, don’t you?” (tattoo artists have no ethics).
Being asked to produce a receipt before the deposit is given (tattoo artists are crooks).
- People looking high on us while talking about general matters (tattoo artists have no education).
When we look tired: “So, big party yesterday?” (tattoo artists spend their time partying).
And so on.

Several tattoo artists will recognize facts from this list that do affect their mental and physical health and that can even lead to a distress state. Even if working as a tattoo artist is rewarding, the artist has to deal with guilt inherent to a mistake, has to find time to relax in addition to coping with his or her frustration upon customers who also provide their income.

Is it possible to choose to become a tattoo artist based on realistic consideration? Can we admit that we aim for healthy rewards, like the pleasure to create beautiful and unique artwork that shows who we are in order to blossom out as a marginal artist, the close contact with a wide diversity of people with different lifestyles, the fun of giving back to the community, sharing artistic knowledge and promoting artistic values that we cherish? What makes us a good tattoo artist? Here’s a partial list of qualities also inspired by Le Bloc Notes’ article:

Personal qualities

  • Inner calm
  • Ability to manage emergencies
  • Ability to manage stress
  • Ability to manage time
  • Ability to speak for his or herself
  • Ability to question his or herself
  • Creativity
  • Dynamism
  • Good mental and physical condition
  • Open-mindedness
  • Honesty
  • Intuition
  • Sense of organization
  • Control of his or herself
  • Motivation to train and improve his or herself
  • Realistic
  • Good sense of humour
  • Ethics
  • Being sober
  • Punctuality
  • Know his or herself and be conscious of his or her limits
  • Flexibility to adapt in a growing industry


Interpersonal qualities

  • Demonstrate sensibility while interacting with customers
  • Ability to communicate effectively with people
  • Being a good listener
  • Availability
  • Being able to offer a flawless customer service
  • Team spirit
  • Being able to communicate with members of a multidisciplinary team (Managers versus artists, ouch!)
  • Empathy


Technical qualities

  • Outstanding artist
  • Articulated
  • Bilingual (French and English)
  • Knowledge of first aid techniques
  • Being able to use modern technology (computers, printers, photography, etc.)
  • Relevant artistic experience or training
  • Experience with handling and maintaining his or her equipment
  • Occupational health and safety training (including blood transmitted pathogens)
  • Be aware of new tendencies and technologies


I haven’t met any tattoo artist who fully corresponds to this portrait. Therefore, tattoos will continue to be made by non perfect human beings who aim for what’s accessible instead of an ideal while taking in account their customer’s expectations, the respect of their personal ethics and the context in which they exercise their art.
Karine “Ruby” P. LeBlanc
Gatineau, December 10th 2010
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I will add here relevant questions and comments I get about this article and my answers to them.

Comment from JosephB
(TattooRama Forum)

December 11th 2010

I think it would be appropriate to make the opposite and talk about the positive aspects of the job because it now looks like you’re the new modern martyrs, and even if I understand everything you wrote, this description could also fit my job perfectly.

You also raise another point that has been appealing me for a while: the “tattoo artist” concept.

Personally, that name disgusts me. Explanation:

For me, self-proclamation has no value at all. For example, scratchers will pompously call themselves “tattoo artist” [note from translation: “artiste tatoueur” in French], probably because it is so common across the Atlantic.

To me, you are a “tattooist” and it rests with customers to decide if you are artists or not by getting tattooed by you.


It feels like an inferiority complex and I’ve always felt kind of sorry for those who proclaim themselves “artists” when they’re not good at it, which happens often (and it’s not your case, of course).

I hope you won’t be frustrated by my comment and that it will lead to a reflection, perhaps even an interesting “debate”.


Ruby’s answer
I really like your question. I will answer it here but, if you agree, I would like you to post it directly on my blog so others can also see it.

In Quebec (I don’t know for other places), the Conseil des Arts et Lettres du Québec (CALQ) has very clear rules to define what is a professional artists:


What is a professional artist?
A professional artist:
* Proclaims his or herself as a professional artist;
* Creates pieces of art by his or herself or offers services, against compensation, as a creator or an interpreter, specifically in the areas under the responsibility of the Conseil des arts et des lettres du Québec;
* Is recognized by his or her peers; and
* Broadcasts or interprets publicly his or her artwork in a place or a context recognized by his or her peers.

So, a tattooist that describes his or herself as an artist, who tattoos his or her own creations on demand against compensation, who is recognized as an artist by other tattoo artists and whose artwork is seen by the public can legally claim an professional artist status from the government. It is obvious that several tattoo artists are also painters and/or illustrators and that several of them regularly expose their artwork in art galleries. Therefore, there is nothing pretentious about claiming to be a professional artist.

dimanche 10 juillet 2011

On Modern Baroque art

In my most recent research, I felt the need to clearly identify my artistic style and consequently identify myself. By collecting my ideas together in my article “Art : social and spiritual vector”, I finally came up with the Modern Baroque qualifier.

The Modern Baroque term currently exists in decoration but, to my knowledge, no visual artist claimed it yet. I believe that this current exists for some time now, particularly in the world of tattooing where the antique, decorative and floral subjects are largely in fashion.

The Baroque movement prevailed in Europe in the 17th century and is characterized in all its forms by a realistic representation, an abundant ornamentation and a complex line. By observing my own artwork, I noticed a series of similarities with the forth mentioned style, object of my research. The play of texture, the light or absent background, the high contrast of lightning and graphic compositions are many technical qualities already present in my work or that I aspire to master.

The hyperrealist representation of the Baroque area is qualified as Naturalism - art anchored in reality. For the early years of this artistic current’s painters, naturalism made it possible to abolish the borders between art and life, to create a balance between reality and imaginary, thus confronting our reality and the one of painting.

The majority of that time’s paintings are religious or mythological representations. On the other hand, it is during that particular time that still life made its first appearance. The expression “still life” indicates a subject made up of inanimate objects (fruits, flowers, vases, etc). In several artistic academic formations, it is one of the first topics studied because of the powers of observation it requires and of its great technicality.

During the Baroque period, the still life was regarded as symbolic. Flowers and fruits are an allegory of fertility, testimony of the earth as a provider of wealth and happiness. A well spread category of still life  in these years is the "Vanity". It often represents objects symbolizing the mortal nature of man and the impermanence of all things such as skulls, watches, candles, ripe fruits and almost withered flowers.


Still Life with Bouquet and Skull– Adriaen van Utrecht


I must here make a parallel with the Buddhist meditation teachings. Buddha taught that the decisive characteristic of the universe is its transitoriness. Naturalism and Buddhism have a common motivation: to observe things as they really are. For the Buddhists, “to see things as they really are” means to constantly observe them in the light of three characteristics of which the first is “Anicca”. The notion that all existence, without exception, is in a constant state of flux.

The adherents of those two doctrines also believe that the divine can appear unexpectedly in daily matters.

Alex Grey wrote: “The unearthing of Paleolithic paintings in the twentieth century reveals that Art is a mighty instinctual force implanted in the hearts of people. Art is a people's collective mind. Art is not a mere amusement, distraction or fashionable investment. Though the artist, their art and the viewer are all impermanent, art can provide evidence of contact with the universal creative force beyond time. Art has a function and a mission to interpret the world, to reveal the condition of the soul, to encourage our higher nature and awaken the spiritual faculties within every individual. Art can be a form of worship and service.” (1)


Artist’s Hand – Alex Grey


I thus commit myself to embrace the emotion of the present moment in the visual capture of transitory, pure and beautiful moments.

These recent reflections are for me a kind of ultimate truth which perfectly includes the personal conception I have of my existence. From now on, I feel that I will have very few things left to say.

That is all.

Facile contemnit omnia qui se semper cogitat moriturum (He who thinks always of Death can easily scorn all things). - Hieronymus 1517


(1) The mission of Art – Alex Grey - http://www.alexgrey.com/essay/mission.html

De l’art Baroque Moderne

Dans mes plus récentes recherches, j’ai ressenti le besoin d’identifier clairement mon style artistique et par la même occasion m’identifier moi-même. En rassemblant mes idées dans mon article « L’art : vecteur social et spirituel », j’ai finalement cerné le qualificatif de Baroque Moderne.

Le terme Baroque Moderne existe actuellement en décoration mais à ma connaissance, aucun artiste visuel n’a encore réclamé ce terme. Je crois qu’il s’agit d’un courant déjà existant depuis quelques temps, particulièrement dans le monde du tatouage où les sujets antiques, décoratifs et floraux sont largement à la mode.

Le mouvement Baroque fut prévalent en Europe au 17e siècle et se caractérise dans toutes ses formes par une représentation réaliste, une ornementation abondante et une ligne complexe. En observant mon propre travail, j’ai remarqué une série de similarité entre celui-ci et le style susmentionné, objet de ma recherche. Le jeu de texture, le fond léger ou absent, le haut contraste de lumière et l’arrangement graphique sont autant de qualités techniques déjà présentes ou que j’aspire à maitriser.

La représentation hyperréaliste de l’époque Baroque est qualifiée de Naturalisme - l'art ancré dans la réalité. Pour les peintres des premières années de ce courant artistique, le naturalisme permet d'abolir les frontières entre l’art et la vie, de créer un équilibre entre réalité et imaginaire, confondant ainsi notre réalité et celle de la peinture.

La majorité des tableaux de cette époque sont des représentations à caractère religieux ou mythologique. De plus, c’est à cette époque qu’on voit l’apparition de la nature morte. L'expression « nature morte » désigne un sujet constitué d'objets inanimés (fruits, fleurs, vases, etc.). Dans plusieurs formations académiques artistiques, il s’agit d’un des premiers thèmes étudiés à cause du sens d’observation qu’il nécessite et de sa grande technicalité.

À l’époque Baroque, la nature morte était considérée comme symbolique. Les fleurs et les fruits sont une allégorie de fertilité, témoignage de la terre comme pourvoyeuse d’abondance et bonheur. Une catégorie de nature morte bien répandue dans ces années est la Vanité. Elle représente souvent des objets symbolisant la nature mortelle de l’homme et l’impermanence de toute chose tels que crânes, montres, chandelles, fruits mûrs et fleurs presque fanées.



Still Life with Bouquet and Skull– Adriaen van Utrecht


C’est ici que je me dois de faire un parallèle avec les enseignements de la méditation bouddhiste. Buddha a enseigné que la caractéristique décisive de l’univers est son caractère éphémère.

Le Naturalisme et le Bouddhisme ont une commune motivation : observer les choses telles qu’elles sont. Pour les bouddhistes, « voir les choses comme elles sont vraiment » veux dire constamment les observer à la lumière de trois caractéristiques dont la première est « Anicca ». La notion que tout, sans exception, est en perpétuel changement.

Les pratiquants de ces deux doctrines croient également que le divin peut se manifester de manière inattendue dans le quotidien.

Alex Grey écrit : « Le déterrement des peintures paléolithique au 20e siècle révèlent que l’Art est une force instinctive puissante implantée dans le cœur des gens. L’Art est l’esprit collectif d’un peuple. L’Art n’est pas un amusement vain, une distraction ou un investissement à la mode. Bien que l’artiste, son art et l’observateur soient tous impermanents, l’Art peut fournir l’évidence d’un contact avec la force créative universelle au delà du temps. L’Art a la fonction et la mission d’interpréter le monde, de révéler la condition de l’âme, d’encourager notre nature supérieure et d’éveiller les facultés spirituelles de chaque individu. L’Art peut être une forme de vénération et de service. » (1)

Artist’s Hand – Alex Grey

Je m’engage donc à embrasser l’émotion de l’instant présent dans la capture visuelle de moments éphémères, purs et beaux.

Ces récentes réflexions sont pour moi une sorte de vérité ultime qui englobe parfaitement la conception personnelle que j’ai de mon existence. À partir de maintenant, je sens qu’il me restera très peu de choses à dire.

C’est tout.

Facile contemnit omnia qui se semper cogitat moriturum (Celui qui pense toujours à la mort peut facilement négliger toutes choses) - Hieronymus 1517

(1) The mission of Art – Alex Grey - http://www.alexgrey.com/essay/mission.html